La bande dessinée est
bien un art, en effet c' est une création en elle-même,
celle-ci possède plusieurs définitions croisées qui
ne se recoupent pas toujours
En 1904, à Montréal dans le journal La Patrie
paraît pour la première fois une bulle dans la série
Timothée, par Albéric Bourgeois.
En 1905, La Semaine de Suzette offre à ses
petites lectrices les aventures d'une servante bretonne au
grand cœur née à Clocher-les-Bécasses, surnommée
Bécassine. Ses aventures sont racontées sous la plume de
plusieurs auteurs, dont les premiers furent M. Languereau
et J. Pinchon.
Bécassine

En 1908, dans un genre très différent, L'Épatant
publie les tribulations d'un trio de petits malins, Les Pieds Nickelés. Cette expression, imaginée par
Tristan Bernard, désigne des hommes peu portés sur le
travail. Croquignol, Filochard et Ribouldingue ne
conçoivent pas de vivre autrement que par la débrouille.
Les Pieds Nicklés
En 1915, William Randolph Hearst, le plus important
homme de presse de son temps, crée le King
Features Syndicate dédié à la distribution nationale
et internationale de bandes dessinées. Il est imité par
Joseph Medill Patterson, son principal concurrent.
En 1917 à Barcelone en Espagne c'est la première
publication du périodiques TBO; le succès fut si grand que
dès cette époque toutes les revues de bande dessinée
furent appelées tebeos en Espagne, ainsi que les
sections des journaux qui publiaient des encarts de bande
dessinée ou des histoires pour enfant
En 1929, en Belgique, une bande dessinée en noir et
blanc est publiée dans Le Petit Vingtième, un
supplément du journal Le Vingtième Siècle destiné
aux jeunes. C'est le début des Aventures de Tintin
créées par Georges Remi, dit Hergé.

La
Famille Illico paraît depuis près de quinze ans, et
Zig et Puce, par Alain Saint-Ogan, existent depuis
quelques années aussi.

En 1929, aux États-Unis, c'est l'apparition des
strips d'action avec Buck Rogers et Tarzan,
d'autres histoires apparaissent sous l'appellation
comics, terme vite adopté pour désigner une
forme plutôt qu'un genre. C'est cette année-là que
fut publiée sous forme de tabloïds, les Funnies,
compilation d'une série de strips publiée dans
les journaux américains,c'est la première publication en
quatre couleurs de comics. Son format Tabloïd
provoqua une confusion avec les suppléments du dimanche
des divers journaux de l'époque et provoqua l'arrêt de ces
suppléments
En 1934, paraît en France le premier numéro du
Journal de Mickey. De nombreux journaux
destinés à la jeunesse suivront : Junior,
Tarzan, Jumbo, Robinson, etc.

En 1938, aux États-Unis, paraît le premier numéro d’Action
Comics, un magazine entièrement dédié aux comics.
Il voit la première apparition de Superman ( le
premier super-héros moderne); Tarzan, Le
Fantôme du Bengale ou Mandrake le magicien étaient aussi à leur façon, des super-héros.
Cela annonce l'âge d'or des comics books aux États-Unis
(1938-1950). Depuis, au fil des décennies, sont apparus
beaucoup de personnages.
Superman
Mandrake
En 1938, en Europe, c'est la parution du Journal de
Spirou, magazine hebdomadaire de prépublication de
bande dessinée belge et française. Imaginée dès 1937 par
l'éditeur Jean Dupuis, cette revue a bénéficié dès sa
création de la participation d'auteurs de talent comme Raoul Cauvin, Jijé, Franquin, etc. Le nom du
journal vient du mot wallon "spirou" qui désigne
aussi bien un écureuil qu'un enfant espiègle.

En 1946, au Japon, après la Seconde Guerre mondiale, le
manga japonais commença à se moderniser.
L'abrogation de l'interdiction des publications permet à Osamu Tezuka de rendre aussi bien le
contenu que la forme du manga plus énergique. Le
premier livre de Tezuka fut une adaptation de L'Île au
trésor intitulée La Nouvelle Île au trésor (1947).
En 1949, en France, une loi se propose d'œuvrer à une
« amélioration des publications destinées à la
jeunesse ». Son véritable programme est en fait de
supprimer la bande dessinée en y appliquant de nombreuses
contraintes, comme celle, toujours en vigueur, qui veut
qu'un journal destiné aux jeunes doive contenir une part
importante de rédactionnel.
En 1954, craignant qu'une loi anti-comics ne
soit votée, un certain nombre d'éditeurs se regroupe pour
créer un label d’auto-censure, le Comics Code Authority.
La même année, le psychiatre Fredric Wertham publie
Seduction of the innocent, une violente charge contre
la bande dessinée qui présente l’industrie des comics
comme un complot, et lui impute tous les maux de la
jeunesse.
En 1958, Francisco Ibañez crée les immortels Mortadelo
y Filemón (agence d'information).
En 1959, c'est la parution du journal Pilote , un hebdomadaire de bande dessinée
qui découvrit beaucoup d'œuvres talentueuses telles :
Astérix le Gaulois de René Goscinny et Albert
Uderzo, Tanguy et Laverdure de Jean-Michel
Charlier et Albert Uderzo, Barbe-Rouge de
Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon et bien d'autres.
Dans les
années 1960, la bande dessinée francophone se
développe, en particulier à travers l'essor de magazines
(en particulier le
Journal de Spirou, le
Journal de Tintin, puis avec le journal
Pilote), permettant l'émergence de nouveaux
personnages dont les plus populaires verront leurs
aventures compilées dans des albums cartonnés et
remporte alors un très grand succès auprès du grand
public.
En
1964, Quino crée son incroyable
Mafalda, petite fille
argentine qui nous livre sa vision particulière du
monde qui l'entoure.

La bande dessinée « adulte » sort de la confidentialité
(elle a toujours existé, mais soumise à une censure
importante, restreinte à un public précis et cantonnée aux
thèmes pornographiques), avec V Magazine, et la
série
Barbarella, par
Jean-Claude Forest, ainsi qu'avec
Blanche Épiphanie, par
Georges Pichard.

Enfin, c'est au cours des
années 1960 que des chercheurs et des passionnés
commenceront à étudier la bande dessinée de manière
sérieuse :
Pierre Fresnaut-Deruelle,
Alain Resnais,
Francis Lacassin, etc.
Années 1970
À la suite de Pilote, qui avait été le premier
journal à s'adresser aux
jeunes (c'est-à-dire aux
adolescents ), à la suite de V Magazine, de
Chouchou, de
Hara-Kiri, et dans le cadre de la libéralisation
progressive des mœurs post-soixante-huit, une presse
« adulte » offre au public un contenu pornographique
souvent mais aussi, et c'est là une nouveauté, subversif,
politique,
underground :
Actuel (1970),
L'Écho des savanes, créé par trois transfuges de
Pilote (Nikita
Mandryka,
Claire Bretécher,
Marcel Gotlib) en
1972,
Mormoil (1974)
et bien d'autres titres qui ont, à ce jour, tous disparu à
l'exception notoire de
Fluide Glacial, né en
1975, qui avait choisi une voie relativement marginale
en son temps, inspirée du journal américain
Mad : pas de politique, relativement peu de
subversion, mais de l'humour à chaque page.

M.Gotlib

Claire Bretecher

Mandryka
Années 1980
À la fin des
années 1970 début
80, la bande dessinée s'offre de nouvelles ambitions
et se fait nommer
roman graphique, aux
États-Unis avec
Will Eisner (Un bail avec Dieu), en
Italie avec
Hugo Pratt, en
Argentine avec
Alberto Breccia, en
France avec le journal et ses « romans à suivre » tels que
Ici-même (Tardi/Forest),
Comès (L'Ombre
du Corbeau,
La Belette),
Jean-Claude Servais (Isabelle).
Les premiers « romans graphiques » sont en noir et blanc
et, souvent, d'un graphisme qui tranche avec les
productions habituelles. Les dernières décennies ont vu
l'affirmation du succès de bandes dessinées destinées aux
adultes, abordant des thèmes nouveaux, développant des
intrigues complexes et des personnages ambigus.
Années 1990
Les années 1990 connaissent trois évolutions
importantes :
Les influences s'internationalisent : la bande
dessinée franco-belge se penche sur les comics et
les mangas, les américains s'intéressent eux
aussi aux mangas, ainsi qu'à la bande dessinée
européenne, les Japonais débauchent des auteurs
européens, et de nombreux pays s’intéressent à nouveau à
la bande dessinée après avoir laissé le genre en friche
(ou sous la triple influence de
Mad Magazine,
Disney et du
King Features Syndicate) pendant des décennies :
Grande-Bretagne et Commonwealth, Allemagne et pays
scandinaves, etc.
La quasi-disparition de la bande dessinée périodique
au profit de l'album, y compris dans la BD dite
« populaire ».
Lanfeust de Troy,
Largo Winch,
XIII,
Blake et Mortimer ou encore
Titeuf, qui atteignent à chaque nouvelle
parution des volumes de vente très importants. Le secteur de la bande
dessinée est l’un des rares secteurs du livre qui
progresse régulièrement en termes financiers.
Blake & Mortimer
Les expériences de micro-édition underground des
années 1970 et
1980 se transforment en un véritable secteur de
l'édition de BD, dite « BD indépendante » ou « BD
alter », avec des éditeurs phares tels que
L'Association ou
Cornélius en France,
Fréon en
Belgique,
Atrabile en
Suisse,
Fantagraphics Books et
Drawn and Quarterly en Amérique du nord, Cockroach en
Chine, etc. Les auteurs qui éditent dans ce secteur sont
souvent tentés par l'autobiographie, la bande dessinée
expérimentale, mais aussi la bande dessinée d'aventure.
Citons, parmi les plus emblématiques :
Art Spiegelman,
Lewis Trondheim,
David B,
Marjane Satrapi. Ces auteurs ne renient pas pour
autant le grand public ni les genres plus classiques. La
série
Donjon en est un bon exemple, dans le genre
heroic fantasy avec un zeste d'ironie et de
parodie, ainsi que la participation à chaque numéro de
dessinateurs différents (comme dans les
années 1950 avec les histoires de l'oncle Paul).
Actuellement, les collections « Poisson-Pilote » chez
Dargaud ou « Aire Libre » chez
Dupuis sont très représentatives de ce changement.
XXIème siècle
Années 2000
La surproduction, en
2005, il se publie près de dix albums francophones
par jour, personne n'est plus à même de savoir tout ce
qui se publie en bande dessinée. la digestion des expériences de la micro-édition par
les gros éditeurs, qui débauchent les auteurs les plus
accessibles au grand public et n'ont pas peur de fournir
des ersatz de bande dessinée d'auteur à un public
non-spécialisé.
On voit également avec l'explosion d'internet
apparaître le phénomènes des
Blogs BD : des auteurs, souvent jeunes mais parfois
déjà connus utilisent leurs
blogs pour faire connaître leur travail.
Le plus emblématique de ces BD-bloggueurs est le
mystérieux
Frantico, dont le blog a finalement été repris en
album.
Autre phénomène connexe, l'apparition des
webcomics. Certains auteurs utilisent le web pour
trouver directement leur public, sans passer par la case
éditeur. La forme choisie est majoritairement celle du
comic strip. Mais le phénomène, massif aux Etats Unis,
reste plus marginal en France. Les principaux
webcomics français se retrouvent sur le
Portail Lapin de
Phiip. On retrouve aussi de vieilles séries comme
Krazy Kat et des créations originales sur Coconino World.
BD & cinéma
Les industries de la bande dessinée et du cinéma sont
nées en même temps, et ont beaucoup de traits communs (la
séquence, la narration, le temps). Des séries telles que
la Famille Illico ou
Little Orphan Annie
Little Orphan Annie
ont eu très tôt les honneurs
d'adaptations en films « live » et on ne compte pas
les adaptations de bandes dessinées en dessin animé (Popeye)
et vice-versa (Mickey).
De nombreux auteurs de bande dessinée sont passés,
temporairement ou définitivement, à la réalisation ou à la
scénarisation de films :
Gérard Lauzier,
Didier Martiny,
Patrice Leconte,
Marc Caro (co-auteur de
Delicatessen),
Terry Gilliam,
Frank Miller (qui scénarise
Robocop), etc.
Longtemps, les adaptations de bandes dessinées au
cinéma (ou en séries télévisées) ont été des productions à
petit budget et sans grandes ambitions artistiques (avec
quelques exceptions, comme
Barbarella) :
Lucky Luke, Gros dégueulasse, Fais gaffe à la
gaffe (Gaston
Lagaffe), Spiderman.
Aux États-Unis, au
début des
années 1980, de véritables films adaptés de bandes
dessinées ont vu le jour, revisitant les classiques du comic-strip :
Popeye par
Robert Altman,
Annie par
John Huston,
Flash Gordon,
Dick Tracy,
Superman par
Richard Lester, etc.
À la fin des
années 1980, une nouvelle voie est ouverte par
Tim Burton avec son Batman : ayant grandi avec
les comics et ayant suivi les évolutions récentes
du genre (Frank
Miller,
Alan Moore), Burton filme Batman comme un conte
sombre et dramatique. Le progrès des effets spéciaux numériques, au
cours des
années 1990, a permis de rendre presque crédibles
visuellement les effets exubérants autrefois imaginés par Stan Lee et
Jack Kirby, ce qui aboutira à la création d'une grande
quantité de films inspirés par les comic-books :
Spiderman par
Sam Raimi,
Les X-Men,
Daredevil,
Catwoman,
La Ligue des gentlemen extraordinaires,
The Crow, etc.). En France,
Astérix bénéficie de moyens équivalents.
D'autres genres de bandes dessinées ont inspiré le
cinéma : Les Sentiers de la perdition, From Hell, Ghost World, Sin City ou encore American
Splendor. L'influence de la bande dessinée sur le cinéma
prend parfois des chemins plus détournés : l'univers de
Jean-Claude Mézières -Valérian est par exemple une
influence majeure et assumée du Cinquième Élément,
de Luc Besson, mais a aussi été une source d'inspiration
importante pour Star Wars.