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Au Japon, Katsushika Hokusai créa une série d'esquisses de dessins grotesques, comparables aux Grotesques de l'italien Léonard de Vinci, qu'il appela manga. Ce nom est encore aujourd'hui celui de la bande dessinée japonaise.

    

Les mangas actuels ont souvent recours aux mêmes genres que les estampes du XIXe siècle : horreur, samouraïs, érotisme, humour. Même si les mangas ont profité d'une influence anglo-saxone au début du XXe siècle et même si le genre s'est cristallisé après la Seconde Guerre mondiale avec Osamu Tezuka, on peut tout à fait considérer qu'une continuité relie les œuvres de l’Ukiyo-e (Hokusai, Sensei, Utamaro, Hiroshige, Sharaku, etc.) aux mangas contemporains.

En Allemagne, mentionnons Wilhelm Busch, dont les héros Max und Moritz (1865) inspireront Rudolph Dirks lorsqu'il créera les Katzenjammer Kids une trentaine d'années plus tard.

Wilhelm Busch- Max und Moritz

La bande dessinée est bien un art, en effet c' est une création en elle-même,  celle-ci  possède plusieurs définitions croisées qui ne se recoupent pas toujours

En 1904, à Montréal dans le journal La Patrie paraît pour la première fois une bulle dans la série Timothée, par Albéric Bourgeois.

En 1905, La Semaine de Suzette offre à ses petites lectrices les aventures d'une servante bretonne au grand cœur née à Clocher-les-Bécasses, surnommée Bécassine. Ses aventures sont racontées sous la plume de plusieurs auteurs, dont les premiers furent M. Languereau et J. Pinchon.

Bécassine         

En 1908, dans un genre très différent, L'Épatant publie les tribulations d'un trio de petits malins, Les Pieds Nickelés. Cette expression, imaginée par Tristan Bernard, désigne des hommes peu portés sur le travail. Croquignol, Filochard et Ribouldingue ne conçoivent pas de vivre autrement que par la débrouille.

                                  Les Pieds Nicklés

En 1915, William Randolph Hearst, le plus important homme de presse de son temps, crée le King Features Syndicate dédié à la distribution nationale et internationale de bandes dessinées. Il est imité par Joseph Medill Patterson, son principal concurrent.

En 1917 à Barcelone en Espagne c'est la première publication du périodiques TBO; le succès fut si grand que dès cette époque toutes les revues de bande dessinée furent appelées tebeos en Espagne, ainsi que les sections des journaux qui publiaient des encarts de bande dessinée ou des histoires pour enfant

En 1929, en Belgique, une bande dessinée en noir et blanc est publiée dans Le Petit Vingtième, un supplément du journal Le Vingtième Siècle destiné aux jeunes. C'est le début des Aventures de Tintin créées par Georges Remi, dit Hergé.

La Famille Illico paraît depuis près de quinze ans, et Zig et Puce, par Alain Saint-Ogan, existent depuis quelques années aussi.

      

En 1929, aux États-Unis, c'est l'apparition des strips d'action avec Buck Rogers et Tarzan,

        

d'autres histoires apparaissent sous l'appellation comics, terme vite adopté pour désigner une forme plutôt qu'un genre. C'est cette année-là que fut publiée sous forme de tabloïds, les Funnies, compilation d'une série de strips publiée dans les journaux américains,c'est la première publication en quatre couleurs de comics. Son format Tabloïd provoqua une confusion avec les suppléments du dimanche des divers journaux de l'époque et provoqua l'arrêt de ces suppléments

En 1934, paraît en France le premier numéro du Journal de Mickey. De nombreux journaux destinés à la jeunesse suivront : Junior, Tarzan, Jumbo, Robinson, etc.

En 1938, aux États-Unis, paraît le premier numéro d’Action Comics, un magazine entièrement dédié aux comics. Il voit la première apparition de Superman ( le premier super-héros moderne); Tarzan, Le Fantôme du Bengale ou Mandrake le magicien étaient aussi à leur façon, des super-héros. Cela annonce l'âge d'or des comics books aux États-Unis (1938-1950). Depuis, au fil des décennies, sont apparus beaucoup de personnages.

Superman    Mandrake

En 1938, en Europe, c'est la parution du Journal de Spirou, magazine hebdomadaire de prépublication de bande dessinée belge et française. Imaginée dès 1937 par l'éditeur Jean Dupuis, cette revue a bénéficié dès sa création de la participation d'auteurs de talent comme Raoul Cauvin, Jijé, Franquin, etc. Le nom du journal vient du mot wallon "spirou" qui désigne aussi bien un écureuil qu'un enfant espiègle.

En 1946, au Japon, après la Seconde Guerre mondiale, le manga japonais commença à se moderniser. L'abrogation de l'interdiction des publications  permet à Osamu Tezuka de rendre aussi bien le contenu que la forme du manga plus énergique. Le premier livre de Tezuka fut une adaptation de L'Île au trésor intitulée La Nouvelle Île au trésor (1947).

En 1949, en France, une loi se propose d'œuvrer à une « amélioration des publications destinées à la jeunesse ». Son véritable programme est en fait de supprimer la bande dessinée en y appliquant de nombreuses contraintes, comme celle, toujours en vigueur, qui veut qu'un journal destiné aux jeunes doive contenir une part importante de rédactionnel.

En 1954, craignant qu'une loi anti-comics ne soit votée, un certain nombre d'éditeurs se regroupe pour créer un label d’auto-censure, le Comics Code Authority. La même année, le psychiatre Fredric Wertham publie Seduction of the innocent, une violente charge contre la bande dessinée qui présente l’industrie des comics comme un complot, et lui impute tous les maux de la jeunesse.

En 1958, Francisco Ibañez crée les immortels Mortadelo y Filemón (agence d'information).

En 1959, c'est la parution du journal Pilote , un hebdomadaire de bande dessinée qui découvrit beaucoup d'œuvres talentueuses telles : Astérix le Gaulois de René Goscinny et Albert Uderzo, Tanguy et Laverdure de Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo, Barbe-Rouge de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon et bien d'autres.

Dans les années 1960, la bande dessinée francophone se développe, en particulier à travers l'essor de magazines (en particulier le Journal de Spirou, le Journal de Tintin, puis avec le journal Pilote), permettant l'émergence de nouveaux personnages dont les plus populaires verront leurs aventures compilées dans des albums cartonnés et remporte alors un très grand succès auprès du grand public.

 En 1964, Quino crée son incroyable Mafalda, petite fille argentine qui nous livre sa vision particulière du monde qui l'entoure.

La bande dessinée « adulte » sort de la confidentialité (elle a toujours existé, mais soumise à une censure importante, restreinte à un public précis et cantonnée aux thèmes pornographiques), avec V Magazine, et la série Barbarella, par Jean-Claude Forest, ainsi qu'avec Blanche Épiphanie, par Georges Pichard.

Enfin, c'est au cours des années 1960 que des chercheurs et des passionnés commenceront à étudier la bande dessinée de manière sérieuse : Pierre Fresnaut-Deruelle, Alain Resnais, Francis Lacassin, etc.

Années 1970

À la suite de Pilote, qui avait été le premier journal à s'adresser aux jeunes (c'est-à-dire aux adolescents ), à la suite de V Magazine, de Chouchou, de Hara-Kiri, et dans le cadre de la libéralisation progressive des mœurs post-soixante-huit, une presse « adulte » offre au public un contenu pornographique souvent mais aussi, et c'est là une nouveauté, subversif, politique, underground : Actuel (1970), L'Écho des savanes, créé par trois transfuges de Pilote (Nikita Mandryka, Claire Bretécher, Marcel Gotlib) en 1972, Mormoil (1974) et bien d'autres titres qui ont, à ce jour, tous disparu à l'exception notoire de Fluide Glacial, né en 1975, qui avait choisi une voie relativement marginale en son temps, inspirée du journal américain Mad : pas de politique, relativement peu de subversion, mais de l'humour à chaque page.

    

      M.Gotlib  

     

Claire Bretecher

    

Mandryka

Années 1980

À la fin des années 1970 début 80, la bande dessinée s'offre de nouvelles ambitions et se fait nommer roman graphique, aux États-Unis avec Will Eisner (Un bail avec Dieu), en Italie avec Hugo Pratt, en Argentine avec Alberto Breccia, en France avec le journal et ses « romans à suivre » tels que Ici-même (Tardi/Forest), Comès (L'Ombre du Corbeau, La Belette), Jean-Claude Servais (Isabelle). Les premiers « romans graphiques » sont en noir et blanc et, souvent, d'un graphisme qui tranche avec les productions habituelles. Les dernières décennies ont vu l'affirmation du succès de bandes dessinées destinées aux adultes, abordant des thèmes nouveaux, développant des intrigues complexes et des personnages ambigus.

Années 1990

Les années 1990 connaissent trois évolutions importantes :

Les influences s'internationalisent : la bande dessinée franco-belge se penche sur les comics et les mangas, les américains s'intéressent eux aussi aux mangas, ainsi qu'à la bande dessinée européenne, les Japonais débauchent des auteurs européens, et de nombreux pays s’intéressent à nouveau à la bande dessinée après avoir laissé le genre en friche (ou sous la triple influence de Mad Magazine, Disney et du King Features Syndicate) pendant des décennies : Grande-Bretagne et Commonwealth, Allemagne et pays scandinaves, etc.

La quasi-disparition de la bande dessinée périodique au profit de l'album, y compris dans la BD dite « populaire ».

Lanfeust de Troy, Largo Winch, XIII, Blake et Mortimer ou encore Titeuf, qui atteignent à chaque nouvelle parution des volumes de vente très importants. Le secteur de la bande dessinée est l’un des rares secteurs du livre qui progresse régulièrement en termes financiers.

        

                                   Blake & Mortimer

Les expériences de micro-édition underground des années 1970 et 1980 se transforment en un véritable secteur de l'édition de BD, dite « BD indépendante » ou « BD alter », avec des éditeurs phares tels que L'Association ou Cornélius en France, Fréon en Belgique, Atrabile en Suisse, Fantagraphics Books et Drawn and Quarterly en Amérique du nord, Cockroach en Chine, etc. Les auteurs qui éditent dans ce secteur sont souvent tentés par l'autobiographie, la bande dessinée expérimentale, mais aussi la bande dessinée d'aventure. Citons, parmi les plus emblématiques : Art Spiegelman, Lewis Trondheim, David B, Marjane Satrapi. Ces auteurs ne renient pas pour autant le grand public ni les genres plus classiques. La série Donjon en est un bon exemple, dans le genre heroic fantasy avec un zeste d'ironie et de parodie, ainsi que la participation à chaque numéro de dessinateurs différents (comme dans les années 1950 avec les histoires de l'oncle Paul). Actuellement, les collections « Poisson-Pilote » chez Dargaud ou « Aire Libre » chez Dupuis sont très représentatives de ce changement.

XXIème siècle

Années 2000

La surproduction, en 2005, il se publie près de dix albums francophones par jour, personne n'est plus à même de savoir tout ce qui se publie en bande dessinée. la digestion des expériences de la micro-édition par les gros éditeurs, qui débauchent les auteurs les plus accessibles au grand public et n'ont pas peur de fournir des ersatz de bande dessinée d'auteur à un public non-spécialisé.

On voit également avec l'explosion d'internet apparaître le phénomènes des Blogs BD : des auteurs, souvent jeunes mais parfois déjà connus utilisent leurs blogs pour faire connaître leur travail.
Le plus emblématique de ces BD-bloggueurs est le mystérieux Frantico, dont le blog a finalement été repris en album.

Autre phénomène connexe, l'apparition des webcomics. Certains auteurs utilisent le web pour trouver directement leur public, sans passer par la case éditeur. La forme choisie est majoritairement celle du comic strip. Mais le phénomène, massif aux Etats Unis, reste plus marginal en France. Les principaux webcomics français se retrouvent sur le Portail Lapin de Phiip. On retrouve aussi de vieilles séries comme Krazy Kat et des créations originales sur Coconino World.

BD & cinéma

Les industries de la bande dessinée et du cinéma sont nées en même temps, et ont beaucoup de traits communs (la séquence, la narration, le temps). Des séries telles que la Famille Illico ou Little Orphan Annie

       Little Orphan Annie

ont eu très tôt les honneurs d'adaptations en films « live » et on ne compte pas les adaptations de bandes dessinées en dessin animé (Popeye) et vice-versa (Mickey). De nombreux auteurs de bande dessinée sont passés, temporairement ou définitivement, à la réalisation ou à la scénarisation de films : Gérard Lauzier, Didier Martiny, Patrice Leconte, Marc Caro (co-auteur de Delicatessen), Terry Gilliam, Frank Miller (qui scénarise Robocop), etc.

Longtemps, les adaptations de bandes dessinées au cinéma (ou en séries télévisées) ont été des productions à petit budget et sans grandes ambitions artistiques (avec quelques exceptions, comme Barbarella) : Lucky Luke, Gros dégueulasse, Fais gaffe à la gaffe (Gaston Lagaffe), Spiderman.

Aux États-Unis, au début des années 1980, de véritables films adaptés de bandes dessinées ont vu le jour, revisitant les classiques du comic-strip : Popeye par Robert Altman, Annie par John Huston, Flash Gordon, Dick Tracy, Superman par Richard Lester, etc.

À la fin des années 1980, une nouvelle voie est ouverte par Tim Burton avec son Batman : ayant grandi avec les comics et ayant suivi les évolutions récentes du genre (Frank Miller, Alan Moore), Burton filme Batman comme un conte sombre et dramatique. Le progrès des effets spéciaux numériques, au cours des années 1990, a permis de rendre presque crédibles visuellement les effets exubérants autrefois imaginés par Stan Lee et Jack Kirby, ce qui aboutira à la création d'une grande quantité de films inspirés par les comic-books : Spiderman par Sam Raimi, Les X-Men, Daredevil, Catwoman, La Ligue des gentlemen extraordinaires, The Crow, etc.). En France, Astérix bénéficie de moyens équivalents.

D'autres genres de bandes dessinées ont inspiré le cinéma : Les Sentiers de la perdition, From Hell, Ghost World, Sin City ou encore American Splendor. L'influence de la bande dessinée sur le cinéma prend parfois des chemins plus détournés : l'univers de Jean-Claude Mézières -Valérian est par exemple une influence majeure et assumée du Cinquième Élément, de Luc Besson, mais a aussi été une source d'inspiration importante pour Star Wars.

     

Sources: Wikipédia- L'encyclopédie libre

 

 

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