Accueil            livre d'or          Contact           Annuaire               Top art          UPlugboard

    

FRANÇOIS- AUGUSTE- RODIN

1840- 1917

" Insuffler à la statuaire le frisson de la vie"

                         

Biographie.

Il naquit le 12 novembre 1840 à Paris dans un des quartiers les plus anciens et pittoresques de cette ville, le quartier des Gobelins .

Ses parents provinciaux , habitant la capitale de fraîche date s'étaient élevés au- dessus de la classe ouvrière sans atteindre le niveau de la bourgeoisie. Son père travaillait à la Préfecture de Paris comme garçon de bureau, ensuite dans l'administration d'une maison de répression et finit par être nommé inspecteur de la police municipale. Par sa mère Marie Cheffer, il descendait de paysans lorrains.

Jusqu'à l'âge de dix ans il fit ses études chez les Frères de la Doctrine chrétienne puis fut envoyé à Beauvais où un frère de son père dirigeait un établissement privé d'enseignement secondaire, il acceptait très mal la discipline scolaire où il se sentait prisonnier. Il fut donc heureux quand au bout de trois ans il regagna la maison paternelle, bien décidé à se consacrer au dessin.

Ses problèmes scolaires étaient dus probablement en partie à sa myopie.C'est sans doute ce même handicap de la vue qui lui fit choisir la sculpture. Elle seule lui permettait de recourir à son sens du toucher, de travailler d'après des modèles à portée de sa main.

De 14 à 17 ans il suivit les cours de l'École impériale supérieure de dessin et de mathématiques ( qui formait principalement des dessinateurs de métiers d'art et des "praticiens", c'est-à-dire des ornementistes et des tailleurs de pierre). C'est là qu'il acquit ce qu'il considérait comme la seule instruction qu'il eût reçue dans sa jeunesse. Par chance, Rodin eut comme maître un homme de grande valeur, Horace Lecoq de Boisbaudan, grâce à qui toute une génération d'artistes ne se borna pas à copier pendant les années d'apprentissage.

Ce professeur exposa sa méthode d'enseignement dans un livre intitulé "L'éducation de la mémoire pittoresque", il alliait l'étude précise du modèle à la liberté dans la manière de reproduire, au mépris de la routine. Il leurs recommandait d'observer la vie hors de l'atelier, et de choisir des scènes qu'ils aimeraient reproduire, mettant tout en oeuvre pour préserver l'originalité de ses élèves.

Sous l'égide de Lecoq de Boisbaudan, le talent du jeune Rodin ne tarda pas à s'épanouir. La peinture l'attirait mais il n'avait pas les moyens de s'offrir le matériel. Les difficultés matérielles de la famille l'obligèrent à se trouver un emploi sans cesser d'étudier avec acharnement. A 17 ans, il reçut le premier prix de modelage et le second prix de dessin, on lui conseilla de se présenter au concours de l'École des Beaux-Arts, son père s'y opposa mais Hippolyte Maindron, sculpteur renommé réussit à le convaincre. D'autre part, sa soeur Marie à qui il confiait ses aspirations artistiques, prit un emploi pour lui permettre de payer ses études. Il fut admis en classe de dessin mais refusé en section sculpture. Deux nouvelles tentatives se soldèrent par un échec!

Après ces échecs, il décida de travailler pour gagner sa vie, il fut engagé par un entrepreneur en maçonnerie, un décorateur et un joaillier qui lui fit confectionner des boucles d'oreilles et des boucles de ceintures... Son habilité à ce genre d'exercice ne pouvait plus faire de doute, pourtant plus tard il qualifiera ces ouvrages de " péchés de jeunesse".

A 22 ans, sa carrière sembla menacée par un drame familial. Sa soeur Marie confidente et meilleure amie mourut dans des circonstances dont il se croyait en partie responsable, ce sentiment de culpabilité fut tel qu'il décida de renoncer à son art et d'entrer dans les ordres. Il commença son noviciat chez les Pères du Très Saint Sacrement. Au bout de quelques mois il retrouva sa blouse de travail et se remit à sculpter.

A 23 ans il put enfin louer un atelier, une ancienne écurie de la rue Lebrun, quand il ne travaillait pas chez lui, il s'exerçait à dessiner des scènes prises sur le vif, et étudiait l'anatomie animale au Musée d'Histoire naturelle et au Jardin des Plantes. Rodin ne tarda pas à se faire des relations intéressantes, artistes et écrivains célèbres tels Delacroix, Ingres, Dumas père, Théophile Gauthier et Carpeaux.

En 1864, Rodin prit trois décisions qui allaient influencer sa vie... il entra à l'atelier d'Ernest Carrier-Belleuse (sculpteur d'art réputé à la fin de l'Empire) deuxièmement il sculpta de sa propre initiative "L'homme au nez cassé", dont il devait reconnaître par la suite le rôle déterminant dans sa carrière.

L'homme au nez cassé

 

Et troisièmement, prit une maîtresse Rose Beuret, qui lui donna un fils et resta auprès de lui jusqu'à la fin de sa vie.

Vint la guerre de 1870, la France mal préparée eut du mal à se défendre, les Prussiens assiégèrent Paris et Rodin se retrouva mobilisé dans la Garde Nationale. Mais très vite réformé à cause de sa myopie, il se trouva sans moyens d'existence. Dès le début des hostilités, Carrier-Belleuse se réfugia en Belgique. Dans ce pays neutre et prospère, il obtient rapidement une commande, il s'agissait d'importants travaux décoratifs destinés à la Bourse de Bruxelles, ce qui l'obligea à faire appel à des artisans bruxellois, mais également à certains de ses anciens collaborateurs, dont Rodin. Il passa 6 ans en Belgique. Elles marquèrent un tournant dans sa carrière.

Congédié par Carrier-Belleuse, il fut au chômage ensuite il s'associa avec un ancien collaborateur de celui-ci et exécuta une série de sculptures et de bas-reliefs destinés à des bâtiments publics de Bruxelles, ce qui le mit à l'abri des soucis financiers et lui permit en 1875 de réaliser un vieux rêve, un voyage en Italie...

Où il étudia Donatello et Michel-Ange, Rodin fut complètement convaincu que le grand secret de l'art réside dans la vérité, rien de très révolutionnaire, cependant sa première statue grandeur nature, "L'âge d'airain" exposée en 1877, lui valut bien des déboires. Les néo-classiques y virent une insulte à l'art ! Pour eux, la statuaire devait représenter des hommes bien faits et des femmes belles, en les idéalisant jusqu'à les figer dans une froide perfection. Or Rodin représentait des êtres vrais et ordinaires, cette différence fondamentale l'obligea à livrer un combat aux tenants de l'art officiel toute sa vie. De retour à Paris en 1877, il était prêt à tirer parti de toutes ses connaissances, les deux années qui suivirent Rodin éclatait d'énergie et avait une activité inlassable. Logés dans un petit appartement de la rue Saint-Jacques, sa femme et lui durent faire face à des difficultés matérielles, de plus le sort s'acharna sur eux à cette époque, sa mère mourut, son père atteint de sénilité devint aveugle, quand à leur fils Auguste âgé de 11 ans il fit une grave chute qui provoqua une déficience cérébrale, Rodin se tint toujours à l'écart de son fils handicapé, refusant même de le reconnaître et de lui donner son nom...

Les ennuis personnels n'eurent cependant pas raison de l'ardeur créatrice de Rodin, il se lança à corps perdu dans la réalisation de plusieurs projets. "L'appel aux armes" (1879), "L'homme qui marche", Saint-Jean Baptiste prêchant; présenta plusieurs concours organisés par l'État. En 1880, il travailla pour la Manufacture de sèvres en tant que dessinateur, il se mit à orner des vases de style, des ornements de table qui valurent une renommée internationale à la porcelaine de Sèvres.

Début 1880, il s'offrit un voyage à Londres, ce séjour se révéla très utile pour sa carrière. il y fit la connaissance de l'écrivain Stevenson, du poète R.Browning et introduit dans les salons de Chelsea. Équivalent anglais du faubourg Saint- Germain. Rodin attachait beaucoup d'importance aux amitiés masculines, en France comme à l'étranger; mais dans la force de l'âge c'est aux femmes qu'il s'intéressa surtout aussi bien en tant qu'artiste q'en tant qu'homme. Son inspiration fut fortement érotique: ses sculptures représentaient des couples unis à tous les stades de la passion, ces oeuvres sensuelles ne furent cependant jamais crues ou grivoises. Les femmes y apparaissent comme des partenaires actives à part entières, l'homme et la femme y sont attirés l'un vers l'autre par une force irrésistible.

Dans sa vie privée, son admiration de la femme demeurait rarement platonique! Pourtant sa compagne Rose n'était pas dupe, mais était incapable de le quitter... c'est à cette époque que Rodin se lia avec Camille Claudel (soeur de Paul Claudel) de vingt ans sa cadette. elle tint Rodin sous son emprise comme aucune femme ne sut le faire, leur liaison fut orageuse, compliquée et vouée à une fin tragique.

Camille était une jeune femme belle, fière, indépendante et pleine de talent, c'est en tant qu'étudiante en sculpture qu'elle rencontra Rodin qui dirigeait les cours. En elle il trouva la femme idéale qui hantait son art, elle posa pour lui et celui-ci de son côté , lui servit de modèle. Ils collaborèrent ensemble dans l'atelier de la rue de L'Université. Cette liaison dura onze ans, coïncidant avec la période la plus féconde de la vie du sculpteur, marquée par des oeuvres puissantes et originales ( Les bourgeois de Calais)

Il travailla pendant trente sept ans à " La porte de l'Enfer" commandée par l'état en 1880, destinée à orner l'entrée d'un musée des Arts décoratifs. C'est l'oeuvre d'un visionnaire, l'idée que se faisait Rodin des souffrances infligées à l'homme au cours de son existence, inspirée à l'origine par L'enfer de Dante (La divine comédie) la porte est une expression plastique de la conviction de Rodin, que l'homme connaît l'enfer après sa mort pour expier ses pêchers, mais aussi de son vivant, l'existence ici-bas étant le triste royaume des illusions, des rêves irréalisables et de passions jamais assouvies... à l'exécution de cette oeuvre désespérée Rodin apporta tout son génie créateur sa maîtrise d'exécution. Il en résulte un monument admirable et lourd de signification.

    

Porte de l'Enfer

Ses oeuvres

Sculptures

 

              

                                  Le baiser               Homme qui marche           Le penseur

 

              

                                       Ève                Victor Hugo        Honoré de Balzac      Les bourgeois de Calais

 

                 

                                                  Les mains                                La danaïde - 1889 

Dessins et peintures

                                                  

                                                                 Danseuse (1921)      Danseuse cambodgienne (1906)       

 

       

                                           Esquisses            Madame Rodin             Centaure Mourrant

L' artiste.

Dès le début de sa carrière, Rodin fut en conflit avec l'art officiel. Pourtant, rien en lui n'annonçait un révolutionnaire. De part sa formation traditionnelle, il aspirait à la consécration académique. Mais ses oeuvres suscitaient de violentes contreverses. Sa première sculpture exposée au Salon en 1864 , fut totalement rejetée par l'austère jury probablement choqué par son réalisme très poussé.

Durant la"belle époque", Rodin était de toutes les réunions où l'on parlait politique, d'art ou de littérature car bien que timide il ne sous estimait pas l'importance des relations dans les milieux dirigeants.

MUSEES

Musée Rodin- Philadelphia (USA)

Les Bourgeois de Calais- Calais ( France)

BIBLIOGRAPHIE

Rodin et son temps- Time- Life Le Monde des Arts- William Harlan Hale

Histoire du monde ( siècle) - Larousse/ Sélection.

Histoire de l'art- Germain Bazin

Commentaires:

Création Martine

© artimages Tous droits réservés, 2005-2007