Il naquit le 12 novembre
1840 à Paris dans un des quartiers les plus anciens et
pittoresques de cette ville, le quartier des Gobelins .
Ses parents provinciaux ,
habitant la capitale de fraîche date s'étaient élevés
au- dessus de la classe ouvrière sans atteindre le
niveau de la bourgeoisie. Son père travaillait à la Préfecture
de Paris comme garçon de bureau, ensuite dans
l'administration d'une maison de répression et finit par
être nommé inspecteur de la police municipale. Par sa mère
Marie Cheffer, il descendait de paysans lorrains.
Jusqu'à
l'âge de dix ans il fit ses études chez les Frères de
la Doctrine chrétienne puis fut envoyé à Beauvais où
un frère de son père dirigeait un établissement privé
d'enseignement secondaire, il acceptait très mal la
discipline scolaire où il se sentait prisonnier. Il fut
donc heureux quand au bout de trois ans il regagna la
maison paternelle, bien décidé à se consacrer au
dessin.
Ses problèmes scolaires
étaient dus probablement en partie à sa myopie.C'est
sans doute ce même handicap de la vue qui lui fit
choisir la sculpture. Elle seule lui permettait de
recourir à son sens du toucher, de travailler d'après
des modèles à portée de sa main.
De 14 à 17 ans il suivit
les cours de l'École impériale supérieure de dessin et
de mathématiques ( qui formait principalement des
dessinateurs de métiers d'art et des "praticiens",
c'est-à-dire des ornementistes et des tailleurs de
pierre). C'est là qu'il acquit ce qu'il considérait
comme la seule instruction qu'il eût reçue dans sa
jeunesse. Par chance, Rodin eut comme maître un homme de
grande valeur, Horace Lecoq de Boisbaudan, grâce à qui
toute une génération d'artistes ne se borna pas à
copier pendant les années d'apprentissage.
Ce professeur
exposa sa méthode d'enseignement dans un livre intitulé
"L'éducation de la mémoire pittoresque", il
alliait l'étude précise du modèle à la liberté dans
la manière de reproduire, au mépris de la routine. Il
leurs recommandait d'observer la vie hors de l'atelier,
et de choisir des scènes qu'ils aimeraient reproduire,
mettant tout en oeuvre pour préserver l'originalité de
ses élèves.
Sous l'égide de Lecoq de
Boisbaudan, le talent du jeune Rodin ne tarda pas à s'épanouir.
La peinture l'attirait mais il n'avait pas les moyens de
s'offrir le matériel. Les difficultés matérielles de
la famille l'obligèrent à se trouver un emploi sans
cesser d'étudier avec acharnement. A 17 ans, il reçut
le premier prix de modelage et le second prix de dessin,
on lui conseilla de se présenter au concours de l'École
des Beaux-Arts, son père s'y opposa mais Hippolyte
Maindron, sculpteur renommé réussit à le convaincre.
D'autre part, sa soeur Marie à qui il confiait ses
aspirations artistiques, prit un emploi pour lui
permettre de payer ses études. Il fut admis en classe de
dessin mais refusé en section sculpture. Deux nouvelles
tentatives se soldèrent par un échec!
Après ces échecs, il décida
de travailler pour gagner sa vie, il fut engagé par un
entrepreneur en maçonnerie, un décorateur et un
joaillier qui lui fit confectionner des boucles d'oreilles
et des boucles de ceintures... Son habilité à ce genre
d'exercice ne pouvait plus faire de doute, pourtant plus
tard il qualifiera ces ouvrages de " péchés de
jeunesse".
A 22 ans, sa carrière
sembla menacée par un drame familial. Sa soeur Marie
confidente et meilleure amie mourut dans des
circonstances dont il se croyait en partie responsable,
ce sentiment de culpabilité fut tel qu'il décida de
renoncer à son art et d'entrer dans les ordres. Il
commença son noviciat chez les Pères du Très Saint Sacrement.
Au bout de quelques mois il retrouva sa blouse de travail
et se remit à sculpter.
A 23 ans il put enfin
louer un atelier, une ancienne écurie de la rue Lebrun,
quand il ne travaillait pas chez lui, il s'exerçait à
dessiner des scènes prises sur le vif, et étudiait
l'anatomie animale au Musée d'Histoire naturelle et au
Jardin des Plantes. Rodin ne tarda pas à se faire des
relations intéressantes, artistes et écrivains célèbres
tels Delacroix, Ingres, Dumas père, Théophile Gauthier
et Carpeaux.
En 1864, Rodin prit trois
décisions qui allaient influencer sa vie... il entra à
l'atelier d'Ernest Carrier-Belleuse (sculpteur d'art réputé
à la fin de l'Empire) deuxièmement il sculpta de sa
propre initiative "L'homme au nez cassé", dont
il devait reconnaître par la suite le rôle déterminant
dans sa carrière.
L'homme au nez cassé
Et troisièmement, prit
une maîtresse Rose Beuret, qui lui donna un fils et
resta auprès de lui jusqu'à la fin de sa vie.
Vint la guerre de 1870, la
France mal préparée eut du mal à se défendre, les
Prussiens assiégèrent Paris et Rodin se retrouva
mobilisé dans la Garde Nationale. Mais très vite réformé
à cause de sa myopie, il se trouva sans moyens
d'existence. Dès le début des hostilités, Carrier-Belleuse
se réfugia en Belgique. Dans ce pays neutre et prospère,
il obtient rapidement une commande, il s'agissait
d'importants travaux décoratifs destinés à la Bourse
de Bruxelles, ce qui l'obligea à faire appel à des
artisans bruxellois, mais également à certains de ses
anciens collaborateurs, dont Rodin. Il passa 6 ans en
Belgique. Elles marquèrent un tournant dans sa carrière.
Congédié par Carrier-Belleuse, il fut au chômage
ensuite il s'associa avec un ancien collaborateur de
celui-ci et exécuta une série de sculptures et de bas-reliefs
destinés à des bâtiments publics de Bruxelles, ce qui
le mit à l'abri des soucis financiers et lui permit en
1875 de réaliser un vieux rêve, un voyage en Italie...
Où il étudia Donatello
et Michel-Ange, Rodin fut complètement convaincu que le
grand secret de l'art réside dans la vérité, rien de
très révolutionnaire, cependant sa première statue
grandeur nature, "L'âged'airain"
exposée en 1877, lui valut bien des déboires. Les néo-classiques
y virent une insulte à l'art ! Pour eux, la statuaire
devait représenter des hommes bien faits et des femmes
belles, en les idéalisant jusqu'à les figer dans une
froide perfection. Or Rodin représentait des êtres
vrais et ordinaires, cette différence fondamentale
l'obligea à livrer un combat aux tenants de l'art
officiel toute sa vie. De retour à Paris en 1877, il était
prêt à tirer parti de toutes ses connaissances, les
deux années qui suivirent Rodin éclatait d'énergie et
avait une activité inlassable. Logés dans un petit
appartement de la rue Saint-Jacques, sa femme et lui
durent faire face à des difficultés matérielles, de
plus le sort s'acharna sur eux à cette époque, sa mère
mourut, son père atteint de sénilité devint aveugle,
quand à leur fils Auguste âgé de 11 ans il fit une
grave chute qui provoqua une déficience cérébrale,
Rodin se tint toujours à l'écart de son fils handicapé,
refusant même de le reconnaître et de lui donner son
nom...
Les ennuis personnels
n'eurent cependant pas raison de l'ardeur créatrice de
Rodin, il se lança à corps perdu dans la réalisation
de plusieurs projets. "L'appel aux armes" (1879),
"L'homme qui marche", Saint-Jean Baptiste prêchant;
présenta plusieurs concours organisés par l'État. En
1880, il travailla pour la Manufacture de sèvres en tant
que dessinateur, il se mit à orner des vases de style,
des ornements de table qui valurent une renommée
internationale à la porcelaine de Sèvres.
Début 1880, il s'offrit
un voyage à Londres, ce séjour se révéla très utile
pour sa carrière. il y fit la connaissance de l'écrivain
Stevenson, du poète R.Browning et introduit dans les
salons de Chelsea. Équivalent anglais du faubourg Saint-
Germain. Rodin attachait beaucoup d'importance aux amitiés
masculines, en France comme à l'étranger; mais dans la
force de l'âge c'est aux femmes qu'il s'intéressa
surtout aussi bien en tant qu'artiste q'en tant qu'homme.
Son inspiration fut fortement érotique: ses sculptures
représentaient des couples unis à tous les stades de la
passion, ces oeuvres sensuelles ne furent cependant jamais
crues ou grivoises. Les femmes y apparaissent comme des
partenaires actives à part entières, l'homme et la
femme y sont attirés l'un vers l'autre par une force irrésistible.
Dans sa vie privée, son
admiration de la femme demeurait rarement platonique!
Pourtant sa compagne Rose n'était pas dupe, mais était
incapable de le quitter... c'est à cette époque que Rodin
se lia avec Camille Claudel (soeur de Paul Claudel) de
vingt ans sa cadette. elle tint Rodin sous son emprise
comme aucune femme ne sut le faire, leur liaison fut
orageuse, compliquée et vouée à une fin tragique.
Camille était une jeune
femme belle, fière, indépendante et pleine de talent,
c'est en tant qu'étudiante en sculpture qu'elle
rencontra Rodin qui dirigeait les cours. En elle il
trouva la femme idéale qui hantait son art, elle posa
pour lui et celui-ci de son côté , lui servit de modèle.
Ils collaborèrent ensemble dans l'atelier de la rue de
L'Université. Cette liaison dura onze ans, coïncidant
avec la période la plus féconde de la vie du sculpteur,
marquée par des oeuvres puissantes et originales ( Les
bourgeois de Calais)
Il travailla pendant
trente sept ans à " La porte de l'Enfer"
commandée par l'état en 1880, destinée à orner l'entrée
d'un musée des Arts décoratifs. C'est l'oeuvre d'un
visionnaire, l'idée que se faisait Rodin des souffrances
infligées à l'homme au cours de son existence, inspirée
à l'origine par L'enfer de Dante (La divine comédie) la
porte est une expression plastique de la conviction de
Rodin, que l'homme connaît l'enfer après sa mort pour
expier ses pêchers, mais aussi de son vivant,
l'existence ici-bas étant le triste royaume des
illusions, des rêves irréalisables et de passions
jamais assouvies... à l'exécution de cette oeuvre désespérée
Rodin apporta tout son génie créateur sa maîtrise d'exécution.
Il en résulte un monument admirable et lourd de
signification.
Porte
de l'Enfer
Ses oeuvres
Sculptures
Le
baiser Homme
qui marche
Le penseur
Ève Victor
Hugo Honoré
de Balzac Les
bourgeois de Calais
Les mains
La danaïde - 1889
Dessins et
peintures
Danseuse (1921) Danseuse
cambodgienne
(1906)
Esquisses Madame
Rodin Centaure
Mourrant
L' artiste.
Dès le début de sa carrière,
Rodin fut en conflit avec l'art officiel. Pourtant, rien
en lui n'annonçait un révolutionnaire. De part sa
formation traditionnelle, il aspirait à la consécration
académique. Mais ses oeuvres suscitaient de violentes
contreverses. Sa première sculpture exposée au Salon en
1864 , fut totalement rejetée par l'austère jury
probablement choqué par son réalisme très poussé.
Durant la"belle époque",
Rodin était de toutes les réunions où l'on parlait
politique, d'art ou de littérature car bien que timide
il ne sous estimait pas l'importance des relations dans
les milieux dirigeants.
MUSEES
Musée Rodin-
Philadelphia (USA)
Les Bourgeois de
Calais- Calais ( France)
BIBLIOGRAPHIE
Rodin et son temps-
Time- Life Le Monde des Arts- William Harlan Hale
Histoire
du monde ( siècle) - Larousse/ Sélection.