La Renaissance

Le renouveau artistique qui régnait en Italie et en France au moment de la Renaissance n'était pas circonscrit à ces deux pays. La plupart des pays européens, gagnés avec plus ou moins de rapidité par les idées nouvelles, participèrent chacun à leur façon au développement du mouvement. Le processus par lequel les concepts architecturaux en vogue en Italie se répandirent en Europe n'est pas encore très bien connu. Il est cependant presque certain que le style italien rencontra une vive résistance dans de nombreux pays du seul fait de la forte implantation d'un style gothique déjà ancien.

L`architecture de la Renaissance, hors d'Italie, apparaît au travers de deux pratiques. D'une part, une assimilation pure et simple du répertoire: en effet, les caractéristiques superficielles de cet art pouvaient être aisément imitées, ne serait-ce qu'au niveau des formes. Ce phénomène se trouvait par ailleurs facilité par une forte diffusion d'ouvrages théoriques sur l'architecture, donnant des modèles "passe-partout", suffisamment simplifiés pour pouvoir être exécutés par des artisans d'autres régions, pour le compte de riches aristocrates désireux de suivre la dernière mode architecturale. Autre chose était d'assimiler en profondeur les données de l'architecture italienne. D'où la seconde pratique en vigueur qui consistait à faire venir sur place des artisans italiens pour les charger d'une mission de construire ou même à envoyer un architecte local faire son apprentissage sur place, en Italie.

Cette interpénétration des cultures et des styles, bien qu'essentiellement à sens unique, de l'Italie vers l'extérieur, ne peut qu'être profitable au monde européen, facilitant les échanges commerciaux, exportant les techniques, les connaissances en tous domaines, ouvrant la voie à une coopération internationale artistique, bien au-delà des divergences ethniques, politiques ou religieuses. C'était en soi l'un des idéaux de l'humanisme triomphant, dont le seul tort a peut-être été de sous-estimer les obstacles qu'il allait rencontrer.

Les jardins de la Renaissance

En Italie, au début du XVIe siècle, l'art des jardins se transforme profondément. L'humanisme, nouvel art de vivre inspiré des idéaux de l'Antiquité, remet la nature à l'honneur. Imitant les Romains, les grands seigneurs se font alors construire de luxueuses villas suburbaines au milieu de vastes jardins. Si l'on conserve certains motifs déjà employés au Moyen-Âge (pelouse, treillage, fontaines), on les dispose dans des ensembles plus vastes, sur des terrasses étagées, reliées par des rampes monumentales. Le jardin, en étroite relation avec l'architecture de la demeure, répond à la fois à une volonté de mise en valeur du site et au respect des lois de la géométrie et des règles de la perspective. Les eaux, sous toutes les formes: grottes, cascades, fontaines, y jouent un rôle primordial. C'est d'abord à Florence pour les Médicis (Villa castello, Jardins Boboli) puis à Rome pour les princes de l'Église (Cour du Belvédère au Vatican, Villa Médicis) ou aux environs (Villa d'Este à Tivoli) que furent aménagés, le plus souvent par des architectes comme Bramante, Vignola ou Ligorio, les plus beaux exemples de ces jardins classiques, inspirés par la recherche de l'harmonie. Mais pour les hommes de la Renaissance, le jardin n'était pas seulement lié à l'agrément et au luxe. Conçu comme une image du monde en réduction, il devient un lieu symbolique.

Renaissance signifiant "nouvelle naissance", elle se devait d'évoluer. Un nouveau-né grandit toujours, mais jamais croissance ne fut plus belle que celle de la peinture à l'apogée de la Renaissance, ou Renaissance classique. Nous y rencontrons les plus grands artistes de tous les temps: les deux géants florentiens Léonard de Vinci et Michel-Ange, l'Ombrien Raphaël et les Vénitiens Titien, le Tintoret et Véronèse.

Par un curieux hasard, un thème commun relie la vie de quatre des plus grands célèbres maîtres de la Renaissance classique, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël et Titien. Chacun d'eux commença sa carrière artistique en étant apprenti chez un peintre déjà renommé, et chacun d'entre eux suivit la même voie en acceptant tout d'abord, puis en transcendant l'influence de son premier maître. Le premier d'entre eux, Léonard de Vinci (1452-1519), est l'aîné des maîtres florentins. Il faut l'élève d'Andréa del Verrochio (1435-1488), peintre attachant, renommé surtout pour sa sculpture. Verrochio eut aussi une influence considérable sur les premières oeuvres de Michel-Ange * " La peinture la plus connu de Verrochio est son Baptême du Christ, célèbre pour l'ange romantique et rêveur, que l'on attribue au jeune Léonard et qui soutient plus honorablement la comparaison avec l'ange plutôt maladroit et sans élégance placé à côté et peint de la main du maître."

* Extrait : Histoire de la peinture- Beckett Wendy     

La Chapelle Sixtine

C'est sur la voûte de la chapelle Sixtine que le talent de Michel-Ange déploie toute sa majesté. Récemment restaurée, cette oeuvre stupéfiante s'est révélée dans toute la vigueur originale de ses couleurs. Les formes sublimes, émergeant avec une force prodigieuse, immenses dans leur vitalité ont toujours été qualifiées de grandiose. Ces figures splendides, aujourd'hui animées par l'intensité de leur couleurs, choquent ceux qui les aimaient dans leur magnificience voilée.

L'Histoire de la Création inscrite sur le plafond est loin d'être simple, en partie parce que Michel-Ange était un personnage extrêmement compliqué, mais aussi parce qu'il approfondit ici des problèmes théologiques que la plupart des gens ne comprennent pas, et enfin parce qu'il équilibre ses divers thèmes et événements bibliques par de gigantesques nus (ignudi) jeunes athlètes d'une grâce irréelle, exprimant avec une force incomparable une vérité qui pourtant nous reste cachée. Le sens des ignudi ne peut être exprimé en parole ni relié à la religion, mais son impact est immense.